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Russ Meyer

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Le réalisateur des années 60 & 70, célébrant les larges poitrines & les tailles de guêpe, est un Bélier du 1er degré.
Un court billet traquant les motifs d’une œuvre originale dans le ciel de Russ Meyer -l’inventeur du nudie-, et de l’une de ses égéries les plus sculpturales:  Tura Satana… Le tout autour de son film noir & blanc de 1965: Faster, Pussycat! Kill! Kill!

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Plan:

1. Russ Meyer

2. Tura Satana

3. Notes & Liens

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Russ Meyer 01

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1.

Russ naît le 21 mars 1922 près d’Oakland, en Californie d’un père policier et d’une mère infirmière. Lydia, sa mère, d’origine allemande l’élève seule… et bien que mariée à 6 reprises, elle semble l’avoir tendrement couvé.

Il commence très jeune à tourner des films amateurs, pour remporter ses premiers prix dès l’âge de 15 ans, et commence à fréquenter assidûment les shows burlesques : des spectacles érotiques mêlant musique, danse, sketches et strip-tease…

En 1942, il est incorporé dans une unité des actualités hebdomadaires filmées de l’US Army où il développe son savoir-faire. Russ Meyer accoste sur les côtes françaises à Omaha Beach en Normandie, le juin 1944 et filme le débarquement de la IIIe armée américaine.

En 1955, la Playmate du mois de juin (deux ans après la création du magazine Playboy) est une certaine Eve Meyer photographiée par son mari. Il entame ensuite sa carrière de cinéaste improbable et se distingue dès sa première œuvre de fiction, The Immoral Mr. Teas  (en 1959), un film muet de 63 minutes en couleurs, sorte de « Vacances de monsieur Hulot perverti ». Russ Meyer vient d’inventer un genre nouveau, le « nudie ». Le film rapportera plus d’un million de dollars (40 fois son coût de production)… Ce qui le dote adéquatement pour se lancer dans ses prochaines réalisations, dont le fameux Faster, Pussycat! Kill! Kill!

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En 1968, son film Vixen! fait un tel ‘hit’ que la 20th-Century l’engage pour une production studio (ce sera un nouveau succès : Orgissimo en 1970) mais il choisit vite de retourner à ses réalisations indépendantes, mêlant sexe, absurde & violence (jusqu’au délirant Ultra Vixens en1979).

[Wiki Russ Meyer]

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Ciel de Russ Meyer -sans l'Ascendant- avec le Soleil placé au lever

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1.2. Le Ciel de Russ Meyer

Le dessin planétaire est très riche. On note tout d’abord l’opposition de Saturne aux Soleil Vénus sur l’axe du Dragon – propre à suggérer l’idée de frustration affective comme l’abandon paternel par exemple… Jupiter, mêlé à la configuration, donne également à penser au phénomène de (sur) compensation.

L’opposition Lune Pluton -aux multiples carrés des précédents-, tout en soulignant la charge sexuelle, peut déjà introduire au thème de la femme en puissance, violente, sulfureuse ou « froidement » sexuelle (spécialement avec la Lune Capricorne et Pluton Cancer; en plus des liens heurtés avec Vénus, Jupiter, Saturne et le Dragon). Les oppositions croisées Bélier/Balance et Cancer/Capricorne restituant assez nettement cette guerre des sexes… avec Jupiter Balance et Pluton Cancer augurant déjà la femme victorieuse.

La Cérès Scorpion (et secteur solaire VIII.) aux trigones de Pluton/Cancer et d’Uranus/Poissons, nous rappelle au passage à la forte composante sexuelle de Cérès, trop souvent négligée (… la mère de Proserpine et la belle-mère de Pluton!). Également, un possible indice des caractéristiques des films de Meyer: le montage dynamique avec des scènes souvent brutalement juxtaposées…

Le volet fantasmatique est aussi très bien défendu: avec le secteur solaire XII en Poissons autour d’Uranus, ainsi que le puissant Neptune… exalté en Lion depuis le secteur solaire V; trigone Vénus & Mars… et formant un grand triangle de Feu particulièrement volcanique. Cette valorisation d’ Uranus & Neptune -et des Maisons V. & XII-  pointant également la dimension visuelle et cinématographique.

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Russ Meyer 02

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1.3. Brève Astrotypo de Russ Meyer

Les portraits de Russ Meyer n’illustrent que très peu Mars ou le Bélier. Ce sont Jupiter, Neptune & Pluton qui s’y emmêlent. Avec Uranus (l’emportant sur Saturne, notamment sur le front) qui tire son épingle du jeu… Soit les composantes parfaites pour camper ce réalisateur aux œuvres inclassables, entre Sexe, Violence, Fantaisie… & Business.

La Lune & Vénus viennent légèrement « crémer » le modelé, mais Saturne -spécialement visible au menton & à l’implantation des cheveux- parvient à les contenir (sans doute grâce au renfort « cadré » de la Lune Capricorne et de la Vénus martiale en Bélier).

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Approchons-nous maintenant, précautionneusement, de l’une de ses plus célèbres créatures

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Tura Satana 01

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2.

Tura Satana, née Tura Luna Pascual Yamaguchi, le 10 juillet 1938 à Hokkaidō (Japon), est une actrice américaine et ancienne danseuse de cabaret. Le père de Tura était un acteur de films muets, d’origine japonaise et philippine, et sa mère, une artiste de cirque d’ascendance amérindienne et irlandaise-écossaise.

Très tôt formée, elle est violée par 5 hommes à l’âge de 9 ans. Vengeance & violence s’imposent dans son existence, elle s’initie aux arts martiaux, devient chef de gang, se marie dès 13 ans (un mariage arrangé par ses parents), file à 15 ans à Los Angeles, avant de travailler comme chanteuse et gogo danseuse, en tournée, de ville en ville.

Remarquable & remarquée, elle devient, entre autres, intime avec Billy Wilder et Elvis Presley… à propos duquel elle déclara au Psychotronic magazine : « J’ai rencontré Elvis quand je travaillais en Louisiane, il était venu à la Nouvelle Orléans pour le Mardi Gras. C’était un jeune chanteur et il apprécia mon numéro, ou plutôt mes girations, alors je lui ai appris comment faire. Nous sommes sortis ensemble six ou sept mois, mais après il a repris la route et moi aussi ».

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Tura Satana 02

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Le rôle le plus important de Tura Satana reste celui de Varla dans Faster, Pussycat! Kill! Kill!, une femme très érotique et agressive, rôle pour lequel elle a réalisé toutes les cascades et scènes de combat.

Le film devient culte et la critique l’encense encore aujourd’hui. Richard Corliss déclarait que sa performance était « des plus honnêtes, certainement la plus honnête dans les idées de Meyer, et de surcroît la plus travaillée. » Dans le livre Incredibly Strange Films, le critique Jim Morton écrit de Tura : « à la fin du film, elle est surnaturelle ».

[Wiki Tura Satana]

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Tura Satana 03

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2.2. Ciel de Tura Satana

Comme fréquemment au sujet des actrices, artistes, embrassant la carrière avant leur majorité, un doute plane sur son année de naissance (le 10 juillet 1935 ou 1938)… J’ai fait le choix de 1938: avec son bloc Soleil Mars Pluton Cancer faisant face à la Lune Capricorne de Meyer; ainsi que sa Lune Sagittaire postée sur le Mars du réalisateur… (mais les deux cartes possibles présentent beaucoup de similitudes)... Avec l’idée que Tura avait avantage à se vieillir de quelques années lorsqu’elle postulait à son arrivée à Los Angeles. En cas d’erreur de ma part dans ce choix délicat, la carte résultante pourrait tout de même correspondre à la « naissance » du personnage Tura Satana…:

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Ciel de Tura Satana -pour une naissance le 10 juillet 1938-; Ascendant inconnu, carte dressée avec le Soleil au midi.

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Sans vouloir la réduire à sa gigantesque poitrine, l’impressionnant amas Cancer (signe analogiquement relié à cette portion de l’anatomie), ajouté au trigone de la Lune à Vénus, elle-même opposée à Jupiter/Poissons… restituent ensemble assez bien les conditions possibles d’un tel développement.

La réunion des Soleil Mars Pluton en Cancer, illustre aussi très bien son personnage comme sa personnalité de femme dominante. La Lune Sagittaire campant également l’amazone.

On retrouve une forte Cérès, ainsi que les Neptune Uranus valorisés. Les astres du cinéma son trigones et au bisextile de l’amas solaire et plutonien Cancer...

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Tura Satana 04

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3.

Plus  prédation que séduction, il semblerait… Un renversement attendu selon la gravité.

Chez Russ Meyer, la femme est forte, rebelle & violente… quand l’homme est faible,  vil mais  souvent en position « d’autorité ». Le choc imparable tourne au bénéfice de l’héroïne. Cette inversion asymétrique des rôles, des forces & du genre reproduit le mythe des Amazones ; sauf qu’au lieu de raboter le sein & la féminité [pour favoriser la pratique du tir à l’arc, dit-on], c’est la poitrine elle-même, gigantesque, pyramidale, qui décoche les flèches en essaims.

Le brulot critique sur la société de masse américaine, l’hypocrisie petite-bourgeoise, réactionnaire & religieuse se fond dans les canevas mixés du film d’art et d’essai & du porno soft. C’est spécialement le cas du film Faster, Pussycat! Kill! Kill! (un beau noir & blanc shooté au soleil dans la poussière en 1965, avec Tura Satana, alias Varla).

Curieusement, et c’est habile, le format géant des poitrines vient comme amortir la réception de la violence, souvent extrême. Avec de l’humour, souvent, ou bien des effets d’absurde accentués par la juxtaposition abrupte des séquences… Cette violence, dans des scènes paroxystiques, se substitue finalement au sexe. Un procédé scénaristique particulièrement efficace pour se dégager de la censure, et qui s’ajoute à des charges anti-communistes fréquentes, aussi plaquées et ambiguës que politiquement correctes à l’époque…

Contre toute attente, la sauce arrive à prendre ; et sous les ramages érotiques de situations, en plan larges et serrés, on embarque pour une autre dimension, un monde parallèle, plus rythmique et renversant qu’élégant ; mais ou beaucoup sinon tout est possible à chaque nouveau plan.

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Satana, la scène underground du cabaret érotique et des tournées. Sa part importante dans la touche finale des productions de Meyer (pour l’esprit, le style, les références, les accessoires.. et nombre de répliques… toujours en parlant plus spécifiquement de « Faster, Pussycat! Kill ! Kill ! »). La lutte permanente et intense face à la censure dans un contexte d’extrême compétitivité entre studios pour la distribution en salle et le contrôle du marché. La décade de succès autour des Vixen

Le tassement avec l’âge, le temps qui fait que la charge d’inconvenance perd de son sel… n’enlèvent rien à la performance sous tous rapports dans son contexte.

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Liens

I. Faster, Pussycat! Kill! Kill! est un film américain de Russ Meyer, sorti en 1965. (Durée :83 minutes.)

Le film fut tourné dans le désert aux environs de Los Angeles, par une température la journée de plus de 40°C et des nuits glaciales.

Ce film est désormais un classique des films de série B. Des réalisateurs comme Quentin Tarantino ou John Waters n’ont jamais caché leur admiration pour ce film. Waters dit de Faster Pussycat! Kill! Kill! qu’il s’agit du « plus beau film jamais réalisé ». Quant à Quentin Tarantino, il prévoirait de tourner une adaptation du film.

II. Interview with Russ Meyer, by Roger Ebert / February 16, 1969

III. Extrait sur youtube de Faster, Pussycat

IV. Blaxploitation Sky, billet CC en rapport, autour du réalisateur indépendant Melvin Van Peebles, l’inventeur du « trailer », qui usa notamment du « canal » pornographique… pour mieux contourner la censure, dans le but d’une plus libre expression de la communauté noire américaine: le pionnier de la Blaxploitation…

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